Thérapeute

Je prends la plume pour réfléchir à la définition du thérapeute…. J’avoue que c’est aussi un coup de gueule face aux formations de 2 jours qui bombardent “thérapeutes”; le terme “technicien” me conviendrait mieux, je m’en explique:
Le mot thérapeute en lui-même est d’origine grecque:
θεραπευω (“thérapeu-o”) est un verbe dont le sens premier est d’être au service de,
le θεραπευτικος (“thérapeutikos”) était un religieux au service de la divinité.
Comment, comment? pas de guérison? pas même de soin? NON!!
Être au service, signifie ne pas décider pour l’autre ce qu’il faut faire, c’est l’accompagné qui donne le rythme et le sens de sa quête. Le thérapeute accompagne sur ce chemin en veillant que tout se passe le mieux possible, comme un serviteur qui prépare la tente et le repas à chaque bivouac sur la route.

Comment fait-on cela?

Ecouter, en écoute compassionnelle (et pas compatissante) est la première étape: juste écouter. Certains savent le faire d’instinct, pour d’autres cela nécessite de l’entraînement voire une formation en écoute bienveillante et empathique.
Refléter sans interpréter: juste s’assurer qu’on a bien écouté, sans faire de commentaires, ni tirer de conclusions; cela aussi peut s’apprendre: méthodes de reformulation, communication non violente, utilisation des accords toltèques…
Connecter l’accompagné à ses ressources: ne pas lui proposer une solution toute faite, mais lui permettre de trouver Sa solution. Cela peut nécessiter l’utilisation d’outils de déblocage, de déblayage, de nettoyage … et il est vrai que certains peuvent s’acquérir en peu de temps. La boîte à outils du thérapeute est ouverte, et l’accompagné choisit l’outil qui lui convient le mieux; s’il ne sait pas quoi choisir, le thérapeute est inspiré par sa guidance pour le meilleur de l’accompagné au moment présent.
Accueillir les réactions émotionnelles, énergétiques, corporelles et autres qui suivent le réalignement et la reconnexion apportés par l’utilisation des outils précédemment évoqués. On ne lâche pas quelqu’un étouffé par sa prise de conscience soudaine: on l’aide à traverser la culpabilité, la honte, le découragement, la colère, la tristesse quand ils se présentent, en les accueillant avec autant de gratitude que la joie, l’excitation de redevenir acteur de sa vie ou la plénitude d’être plus soi-même: sans jugement…
Là encore l’instinct ne suffit pas, et sans forcément faire une formation en psychologie, il est à mes yeux indispensable de faire un travail intérieur personnel: traverser soi-même ces étapes permet ensuite de pouvoir guider et assister l’accompagné en toute humilité.
Imaginez un guide qui vous ferait traverser un désert sans l’avoir jamais fait auparavant, en disant “tout va bien, on peut y aller: j’ai une gourde d’eau!” Perso, j’y vais pas !!!!
Donner des outils d’autonomie est la dernière étape: l’accompagné a commencé à retrouver son chemin vers lui-même, ou du moins la force nécessaire pour s’y engager. Il est alors approprié de lui permettre de continuer sa route en autonomie en lui transmettant les outils qui font sens pour lui (et pas ceux que le thérapeute choisit pour lui).
Laisser la personne libre de revenir ou pas, de se tromper (ou du moins d’en donner l’impression au thérapeute): quand toutes les étapes ci-dessus ont été accompagnées, quand le sourire est revenu, le thérapeute n’entretient pas le lien “de force”: il reste à la disposition, un SAV en quelque sorte, car on sait que d’autres moments de vie peuvent se présenter et ramener en déséquilibre.
Mais aussi qu’avancer seul vers soi est illusoire, et que continuer son chemin en autonomie ne veut pas dire en solitaire.
Personne ne guérit personne, le thérapeute est un facilitateur qui accompagne vers l’équilibre.
Juste accompagner la personne en souffrance ou en déséquilibre intérieur en lui permettant de reconnecter son unité, sa lumière.
Alors en 2 jours, on ne peut pas appréhender tout cela: on est technicien, on connait des outils qui servent à l’étape 3, mais ça ne fait pas de soi un thérapeute… du moins à mon avis.
Qu’en pensez-vous? Quelle est votre définition du thérapeute?